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Basée sur les propriétés magnétiques de la matière, l'IRM est une technique moderne qui a révolutionné le monde de l'imagerie médicale en offrant des possibilités d'exploration du corps humain jusque là insoupçonnées, devenue au fil du temps un examen de pratique très courante proposée dans l'exploration de très nombreuses pathologies ou dans des situations cliniques variées, mais toujours en seconde intention après des explorations préalables plus accessibles telles que la radiographie standard et l'échographie, et parfois en complément ou en substitution à un scanner dans certaines circonstances. |
Alors que la radiographie standard et
le scanner utilisent des rayons X,
l'échographie des ultrasons,
le principe de fonctionnement de l'IRM est basé sur un tout autre phénomène physique
qui exploite les propriétés magnétiques des atomes.
Chaque atome en effet dispose de propriétés magnétiques intrinsèques
caractérisées notamment par un vecteur de magnétisation à l'image de l'aiguille
d'une boussole.
Spontanément, ce vecteur a une orientation aléatoire dans l'espace.
Lorsque ces atomes sont placés dans un champ magnétique élevé,
ils s'orientent tous parallèlement au champ magnétique et se maintiennent ainsi dans une
position d'équilibre.
Lorsqu'ils sont excités par une onde radio (brève impulsion appelée onde de
radiofréquence RF) à une fréquence particulière (fréquence de Larmor)
qui dépend du type d'atome et du champ magnétique, à la manière du son qui
peut briser un verre à une fréquence donnée propre au cristal, ces atomes excités
(phénomène de résonance) basculent leur vecteur d'aimantation
d'un certain angle.
L'intensité et la durée de l'onde RF influencent l'angle de basculement.
A l'arrêt de l'onde RF, le vecteur des atomes revient à sa position d'équilibre
(phénomène de relaxation) tout en émettant un signal qui est recueilli
par des antennes réceptrices.
Ce phénomène physique trouve deux domaines principaux d'application, un qui permet
l'analyse du contenu chimique de certaines structures (utilisé en spectroscopie par résonance
magnétique que nous n'aborderons pas ici), l'autre en imagerie médicale, l'IRM.
En Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), l'atome excité est
le proton (H+), principal constituant de la molécule d'eau (H 2 O), l'eau étant
un élément présent en plus ou moins grande quantité dans l'ensemble
des tissus du corps humain (environ 80% du poids du corps).
Les signaux recueillis par l'appareil en provenance des protons de l'eau du corps humain
vont être analysés par informatique afin de reconstruire une image en coupes qui peut
être orientée d'emblée dans n'importe quel plan de l'espace choisi
à l'avance (alors qu'en scanner les coupes à
l'acquisition sont axiales transverses avant éventuelles reconstructions secondaires
dans d'autres plans), les images pouvant être acquises soit directement par des techniques
de coupes en 2 dimensions 2D, soit par acquisition d'emblée d'un volume 3D avec
reconstructions secondaires de coupes 2D.
Plus le signal en provenance d'un point donné du corps est intense, plus le point correspondant
de l'image est blanc et inversement.
L'intensité du signal dépend des paramètres physiques magnétiques
propres à chaque tissu.
Ces paramètres appelés temps de relaxation correspondent à
la période de retour à l'équilibre (relaxation) des atomes
d'hydrogène après leur excitation (résonance) par l'onde de radiofréquence.
Pour chaque tissu, il existe deux types de temps de relaxation, le T1 et le T2 qui vont influencer
sur l'intensité du signal obtenu.
Le nombre des atomes d'hydrogène (densité de protons encore appelée rhô)
dans le tissu va également influencer l'intensité du signal recueilli.
L'excitation des protons se fait selon des séries successives d'impulsions RF
appelées « séquences » d'excitation.
Selon l'intensité, la durée et la succession des ondes RF émises dans les
séquences d'excitation, le contraste de l'image va plus favoriser un paramètre,
et c'est pourquoi ces séquences sont dites « pondérées » en rhô,
en T1 ou en T2, certaines séquences hybrides mélangeant variablement ces paramètres.
La conjonction de séquences d'excitation différentes (pondération T1, T2,
ou densité de protons), va permette d'identifier le type de tissu composant la structure
étudiée.
Globalement, il est ainsi possible de différencier facilement des structures liquides,
solides, la graisse, ainsi que les tissus tumoraux ou inflammatoires.
Par contre les éléments contenant du calcium (l'os et les calcifications)
étant dépourvus d'eau et donc d'hydrogène H+, n'émettent pas de signal
et restent noires, ce qui explique la difficulté voire l'impossibilité de détecter
des petites structures calcifiées en IRM.
Des séquences utilisant des techniques particulières permettent de supprimer le signal de la graisse,
d'autres sont très sensibles aux mouvements et notamment aux flux des liquides et sont
utilisées en particulier pour l'étude des vaisseaux.
L'utilisation d'un produit de contraste à base de Gadolinium
permet d'apprécier le degré de vascularisation des tissus analysés
(tout comme les produits de contraste iodés en scanner) ou la lumière des vaisseaux
lors des explorations angiographiques IRM (angio-IRM ou ARM).
Dernière mise à jour : 31-01-2011
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