Les progrès techniques de la radiologie depuis sa création en 1895,
n'ont pas seulement permis d'améliorer le dépistage précoce, le diagnostic et
la surveillance des maladies du corps humain, mais elle a également apporté de nouvelles
ressources thérapeutiques alternatives à des traitements médicamenteux ou chirurgicaux.
C'est toute la dimension de la radiologie interventionnelle qui permet la prise en charge thérapeutique
de certaines pathologies grâce à des techniques de guidage contrôlées par imagerie.
Ces techniques de guidage sont également utilisées pour effectuer des prélèvements
des tissus afin de pouvoir analyser la nature exacte d'un processus à l'origine d'une
image anormale observée selon les différentes techniques d'imagerie médicale.
Infiltrations :
A titre antalgique dans la prise en charge des douleurs,
il est possible d'injecter des substances sous
radioscopie, avec notamment utilisation
de dérivés cortisonés avec effets prolongés (Altim ®).
Ces infiltrations que l'on peut également réaliser sous
scanner, peuvent concerner
n'importe quel type d'articulation, la colonne vertébrale (principalement le rachis
cervical et lombaire), le bassin ou leur environnement (exemple infiltration du canal d'Alcock).
Infiltration sous scanner pour sciatique |
Dans le cadre de l'arthrose, des injections intra-articulaires
de produit lubrifiant à base d'acide hyaluronique (viscosupplémentation) peuvent
aussi être pratiquées sous radioscopie pour limiter les douleurs induites par l'usure du cartilage.
Cette technique est validée en particulier pour le genou (gonarthrose), la hanche (coxarthrose),
voire l'épaule (omarthrose). La sécurité sociale ne reconnaît actuellement
la prise en charge de cette technique que pour la gonarthrose.
Il est aussi possible de réaliser des triturations de calcifications
de l'épaule, qui consistent à fragmenter des calcifications responsables de douleurs
(périarthrite calcifiante) sous contrôle radioscopique
et à les évacuer
par lavage et injection cortisonée.
Biopsies :
Une biopsie consiste à réaliser un prélèvement
de tissu (« carotte ») afin d'en réaliser une analyse sous microscope dans un laboratoire
d'anatomo-pathologie pour en préciser sa nature (histologie). Les biopsies peuvent être
effectuées soit chirurgicalement, soit en imagerie médicale par voie percutanée
(au travers de la peau) en fonction du type d'anomalie observée et de l'examen qui
l'a mise en évidence.
Cette biopsie sous guidage de l'imagerie se fait après
anesthésie locale des tissus superficiels (du tissu sous-cutané jusqu'à
la lésion), permettant l'introduction (parfois au travers d'une très courte
incision de quelques millimètres) d'une aiguille qui progressivement vient se positionner
en regard de l'anomalie à prélever.
Les biopsies peuvent s'adresser à tous types d'organes
ou régions anatomiques, notamment le thorax (poumon, plèvre), l'abdomen et le pelvis
(le foie en particulier, mais aussi le pancréas ou d'autres organes profond ou pour une masse
d'origine indéterminée), le sein, ou organe superficiel
(ganglion par exemple). Parfois des interpositions (os, air, vaisseaux) empêchent techniquement
l'abord des anomalies et c'est au
médecin radiologue de juger si l'anomalie à
prélever est accessible ou non et par quelle technique de guidage il convient de la prélever.
Ce guidage peut en effet être réalisé soit sous contrôle échographique, soit
sous contrôle scanographique selon les cas. La transmission préalable de l'ensemble du
dossier médical et notamment des imageries antérieurement réalisées est donc
indispensable pour que le médecin radiologue puisse faire son choix de technique de guidage.
Les guidages en imagerie médicale peuvent aussi servir à
évacuer des collections liquidiennes (drainage percutané), notamment des épanchements
pleuraux ou des collections abdominales (abcès, coulées de pancréatite aiguë par exemple).
Un drainage percutané peut également concerner des
cavités naturelles dilatées par un obstacle lié à un processus anormal
(calculs ou tumeur par exemple) qui empêche la bonne évacuation du liquide qu'elles
contiennent, par exemple la bile provenant du foie (drainage biliaire) ou l'urine provenant d'un
rein (drainage urinaire).
Embolisation :
L'embolisation est une technique d'occlusion de vaisseaux
réalisée au cours d'une artériographie,
utilisée notamment
pour boucher les artères qui nourrissent des organes ou des tissus qui saignent (à
l'origine d'anémie chronique ou d'hémorragie aiguë interne ou
extériorisée). Dans cette optique, sont réalisées par exemple des embolisations
d'artères utérines (hémorragies de la délivrance après
l'accouchement, embolisation des fibromyomes utérins). L'autre fonction peut être
de supprimer l'apport artériel d'une tumeur richement vascularisée, technique
notamment utilisée au niveau du foie (chimio-embolisation hépatique des cancers du foie)
ou du rein en préopératoire.
Dernière mise à jour : 31-01-2011
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